Dix
ans après la naissance de Dolly, petit bilan sur le clonage animal...
Depuis 1996, différentes espèces ont été clonées, mais les bovins ont la préférence des chercheurs, pour des raisons d'applications agronomiques ; mais aussi parce que la gestation des vaches est de 9 mois et l'espérance de vie oscille entre 20 et 25 ans. C'est un sujet d'étude plus avantageux que des animaux avec une gestation et une espérance de vie plus courtes.
La première étape du clonage
est constituée par la reprogrammation du génome somatique en génome embryonnaire:
Certains gènes exprimés dans la cellule adulte doivent être réprimés, et
d'autres silencieux doivent être réactivés. La proportion d'embryons reconstitués
atteignant le stade blastocyte est d'environ 40 % après sept jours de culture,
ce taux est similaire à celui obtenu en FIV. Mais le taux de mortalité de
ces blastocytes, après transfert chez une receveuse est très élevé. Les
pertes embryonnaires sont proches de 30 %, durant le premier trimestre,
alors qu'elles avoisinent les 5 % en FIV. Deux explications sont avancées.
D'une part, la mise en place des annexes embryonnaires, participant à la
formation du cordon et du placenta, serait défectueuse. D'autre part, il
est possible que des anomalies du complexe majeur d'histocompatibilité (reconnaissance
du soi et du non-soi) provoquent un rejet immunitaire du foetus par la mère
porteuse. Durant le 2ème et le 3ème trimestre, 45 à 50 % des gestations
sont perdues. A cette période apparaît le syndrome du « Gros Veau » qui
correspond à un développement anormal du foetus et du placenta, la taille
et le poids sont élevés, on constate également une hypertrophie de certains
organes. Cette affection frappe également les animaux issus de FIV, mais
dans des proportions inférieures, 5 % chez les FIV contre 25 à 30 % chez
les clones.
Une fois la gestation à terme, la première semaine de vie est critique. A l'INRA, 25 à 30 % des veaux décèdent contre 5 % en FIV ; la majorité des décès ont lieu lors de la 1ère semaine. Un tiers des décès sont causés par le syndrome du « Gros Veau ». Seul 60 % des veaux atteignent un an, c'est-à-dire l'âge adulte.
Hormis l'efficacité du clonage, l'âge des clones a été et reste une vive controverse.
En se basant sur la présence de télomérase (indicateur de l' « âge » des gènes) chez les clones, les dernières données semblent indiquer que le développement se fait normalement. Pour les veaux, le problème semble équivalent, mais le premier étant né en 1998 aucun clone n'a encore atteint un âge permettant une réelle évaluation.
La fertilité des animaux est un point positif. L'INRA a obtenu par FIV ou insémination artificielle des descendants de clones bovins mâles et femelles avec des partenaires non clonés. Les pathologies affectant les parents clones juste après la naissance ne sont pas observées chez leurs descendants. Ces données suggèrent que les erreurs éventuelles de « reprogrammation » du génome seraient effacées durant la formation des gamètes.
Le clonage n'est pas encore prêt à remplacer la FIV, mais il peut nous apprendre beaucoup sur les relations entre environnement et expression des gènes.
Source : La Recherche, n° 394 de février 2006
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