Bioéthique et Clonage

Quelques contributions d'enseignants et de chercheurs :

Point de vue juridique

  • "Les fondements juridiques de la Bioéthique" par Eric Heilman, juriste et éthicien. Rappel des lois de bioéthique.

Que les savants suscitent l’inquiétude ou l’effroi n’est pas un fait nouveau. La culture populaire – du Frankenstein au Dc Folamour – est là pour en témoigner. Mais le siècle qui vient de s’écouler, loin de dissiper ces peurs, a affirmé l’émergence d’une conscience critique séparant les notions autrefois indissociables de science et de progrès. Il devient une évidence que la recherche ne peut plus être laissée à la seule initiative de la communauté scientifique.
Historiquement, il faut attendre la fin des années 60 pour voir se mettre en place des organismes ou des comités d’éthique, aux Etats-Unis.
C’est d’ailleurs un américain qui « construit » en quelque sorte le premier le terme de bioéthique à l’aide de deux mots grecs : bios – la vie – et ethos – l’éthique - pour désigner l’étude de la moralité des conduites humaines dans le domaine des sciences de la vie.
Pour autant il faut attendre près de trente ans pour voir apparaître la première loi de bioéthique (en France, loi du 20 décembre 1988 sur l’expérimentation humaine). L’irruption du droit dans le champ de la bioéthique marque alors une véritable rupture par rapport à la situation évidente. La présence du législateur aboutit à la création d’un corpus de règles qui s’impose à l’ensemble du monde médical et qui comprend un arsenal de sanctions pénales.

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Point de vue technique

  • "Point de vue concernant le clonage humain thérapeutique et reproductif" par Andrée Dierich, directeur de recherche au CNRS.

Si le clonage reproductif a été utilisé chez un certain nombre de mammifères, je suis tout à fait contre pour qu’il soit appliqué à l’homme. Mon espoir est qu’il ne le soit jamais.
Les expériences réalisées chez les animaux ont jusqu’à présent aboutit à des taux très faibles de « réussite », à savoir peu d’animaux viables qui présentent de nombreuses anomalies essentiellement de type génétique dont on ne connaît pas l’incidence, vu le manque de recul des conséquences futures de ces manipulations.
Le clonage reproductif chez l’animal peut cependant apporter de nombreuses données pour essayer de comprendre comment une cellule est programmée et comment une cellule somatique différenciée peut réacquérir une fonction embryonnaire. Les données expérimentales pourront donner des informations précieuses pour la réalisation éventuelle future du clonage dit thérapeutique.

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Point de vue humain

  • "Guérir à tout prix ? De l'émotion à la mise en oeuvre de la responsabilité" par Jean-François Collange, éthicien et Doyen de la Faculté de Théologie protestante de l'université Marc Bloch de Strasbourg.

Tout ou presque ayant été dit ici sur la question par les voix les plus autorisées, le sens des quelques mots qui suivent n’ont de valeur qu’en ce qu’ils n’émanent ni d’un biologiste, ni d’un médecin ou d’un juriste, mais expriment un point de vue citoyen. On ne cachera pas par ailleurs que le citoyen en question est aussi théologien protestant, mais ce trait n’enlève rien, on peut le supposer, à sa légitimité à s’exprimer.

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Point vue confessionnel

  • "Le clonage humain, la perspective de l'Eglise Catholique." Confession catholique par Marie-Jo Thiel, professeur d'ethique et de théologie morale à la Faculté de théologie catholique de l'université Marc Bloch de Strasbourg.

Imprégnée de l’imaginaire des sociétés, la littérature inventa, il y a bien longtemps déjà, l’histoire des clones et de leurs avatars. Le temps a, depuis lors, rendu leur fiction plus vraisemblable… En laissant gambader leur imaginaire, les poètes mettent le doigt ou plutôt leur plume sur les dérapages possibles des sciences et des techniques, tant et si bien que leur production revêt une étrange tonalité éthique… Le clonage d’êtres humains sur des modèles préétablis et strictement hiérarchisés imaginé par Aldous Huxley paraissait pure fiction en 1932. La sonate pour un clone de J.F. Mattei (Presse de la Renaissance) l’an passé devient prémonitoire de dérives réelles ; en évoquant les tourments d’un généticien partagé entre ses convictions éthiques et son désir de faire un enfant malgré la disparition de sa compagne, l’auteur fait droit à des tergiversations qui n’ont quasiment plus rien d’utopiques… Divers chercheurs (les professeurs Antinori, Panos Zavos…) ont aujourd’hui décidé de créer des enfants par clonage malgré la réprobation quasi unanime des scientifiques et des Etats du monde entier. Ils ouvrent la porte à des dérives folles et l’on ne sera pas surpris que diverses institutions ou organismes prennent officiellement position sur ces questions.

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