Nos réponses

Un groupe de chercheurs de l'ULP répondent aux questions que vous nous avez posées dans la rubrique "vos questions".

D'un internaute :

"Je trouve amusant de voir que votre sélection d'ouvrages
ne comporte que 3 ouvrages tous edités par le CEA.
Cela signifie t-il qu'il n'y a rien d'autres sur le sujet et accessible a des non-specialistes"

Il se trouve que bon nombre d'ouvrages traitant du nucléaire sont très techniques, et ne font pas l'effort de la vulgarisation (physique nucléaire, procédés chimiques). Dans un souci de visibilité, le CEA (Commisariat à l'Énergie Atomique) a choisi de publier des chiffres sous forme de recueils. C'est accessible et bien fait.
À ce titre, le matériel multimédia est beaucoup plus adapté au grand public (voir les liens).

Réponse MCST, le 05/02/02


D'un internaute :

"Quels sont les pays qui ont choisi de traiter les déchets ?
en Europe, n'y a t-il que la Hague ?
Ceci explique t-il les problemes liés au transport de ces déchets
depuis l'Allemagne par exemple ?"

De nombreux pays producteurs d'éléctricité nucléaire ont choisi la voie du retraitement. En Europe, c'est la cas de la France, du Benelux, de la Suisse et de l'Allemagne. On peut ajouter à cette liste le Japon. Ces pays là ont signé des contrats avec la COGEMA, et leurs déchets sont donc retraités en France.

D'autres pays comme la Finlande retraitent eux-même, en Europe il n' y a donc pas que La Hague, mais le savoir-faire et la renomée du site ont conquis les gouvernements étrangers. Le problème du retour des déchets allemands est lié au choix de La Hague : les allemands n'ont pas d'usine de retraitement comparable à celle du Cotentin. Leurs déchets doivent donc obligatoirement traverser le Rhin, puis parcourir la France (ce qui soulève des protestaions de ce côté-ci du Rhin), avant de faire le trajet inverse vers l'Allemagne (ce qui soulève des protestations outre-Rhin). D'où l'impasse.

Réponse MCST, le 05/02/02


D'un internaute :

"Excusez mon ignorance mais pouvez vous me dire si le CEA et la COGEMA sont des organismes publics ou privés ? Et si public, de quel ministère ils dépendent ?
Que signifie COGEMA ? Et enfin qu'est ce que l'ANDRA ?
Y a t-il d'autres organismes ou sociétés privées impliqués ?
Enfin, y a-t'il des organismes a l'échelle européenne ou mondiale, ONG par exemple ? "

Le CEA (Commissariat à l'Énergie Atomique) est un organisme public de recherche fondamentale et technologique, alors que la COGEMA est une entreprise privée, filiale du groupe AREVA, spécialisé dans l'industrie nucléaire.

L'ANDRA, l'Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs, est un organisme public chargé de l'étude et de la gestion -présente et future- des déchets nucléaires.

De façon simplifiée, le CEA et la COGEMA sont en amont du cycle des déchets, l'ANDRA en aval.

D'autres organismes publics de contrôle sont impliqués : la DSNI (Direction pour la Sûreté des Installations Nucléaires), l'ASN (Agence pour la Sûreté Nucléaire) ou l'IPSN (Institut de Protection pour la Sûreté Nucléaire). Ils interviennent dans de nombreuse étapes du procesus nucléaire (dans les centrales, les réacteurs nucléaires, dans le transport et la surveillance des déchets, dans le contrôle du respect des normes et des diposotifs de sécurité).

À l'échelle mondiale, on peut bien entendu citer Greenpeace , (ONG), ou bien le parti écologique allemand très puissant, tous deux fortement impliqués dans la lutte anti-nucléaire.

Réponse MCST, le 05/02/02


D'un intermaute :

"Desole, mais ca fera plus de 100 mots !
Je vous signale que contrairement a ce qui est repondu a la premiere question concernant les livres, il existe plusieurs livres sur le nucleaire qui sont bien fait et facile a lire :
- Par ici la sortie ... du nucleaire, brochure edite par le reseau sortir du nucleaire (et disponible en ligne sur http://www.sortirdunucleaire.org/archives/divers/alternatives.html )
- La France nucleaire : matieres et sites : un ouvrage de reference sur les differents sites nucleaires.- 1997, 250 pages, collection esprit frappeur
- Tout nucleaire, une exception française, PERLINE, 95 pages, collection esprit frappeur
- Le nucleaire et la lampe à pétrole, collection Esprit frappeur
-Sortir du nucleaire, c'est possible avant la catastrophe , BELBEOCH, collection Esprit frappeur
Il y a egalement un grand absent dans vos liens : le reseau sortir du nucleaire : association qui federe plus de 613 associations, partis et syndicats contre le nucleaire : http://www.sortirdunucleaire.org/.
il y a aussi plusieurs associations et bureau d'etude non gouvernementaux qui ne sont pas cites :
-CRIIRAD : (http://www.criirad.com/) Commission de recherche et d'information independante sur la radioactivite
-Info Nucleaire : http://www.multimania.com/mat66/
-Cooridnation contre l'enfouissement http://www.multimania.com/burestop/
-Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l'Ouest(A C R O) : Laboratoire indépendant d'analyse de la radioactivité - Centre d'information et de documentation (http://www.globenet.org/acro/)
-WISE : http://www.wise-paris.org/
-et bien d'autres...
Un point qui m'a l'air peu aborde est l'utilisation militaire du nucleaire : il ne faut pas oublier que l'armee utilise aussi beaucoup le nucleaire.
Un petit site pour etudier cela de plus pres :
- Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits (CDRPC) : http://www.obsarm.org/.
Enfin il manque toute une reflexion sur l'utilite du nucleaire, le remplacement de cette energie par les energies renouvellables et non poluantes et surtout les economies d'energies. Vous pouvez faire un ptit tout sur notre site (http://www.fa-strasbourg.fr.st) et principalement lire nos articles et tracts sur ce sujet (dans la section documents) :
- Anarchie HS n°2 : Contre le nucléaire !
- Sortons du Nucléaire !
- Non au nucléaires ! "


Fédération Anarchiste Strasbourg - B.@N.AN. (Brigade @narchiste antinucleaire).--

Pour répondre à vos questions :
Le thème du dossier n'est pas " pour ou contre le nucléaire", mais uniquement l'aspect déchets et gestion future. Dans cet optique la question du pour ou contre, voire celle de l'énergie que nous voulons utiliser dans l'avenir, même si elle est fondamentale, ne fait pas l'objet du dossier.
Du coup les réferences que vous avancez sont pertinentes par rapport à la signification que vous donnez au dossier, mais pas par rapport à la simple question : "que faire des déchets ? "
Ceci étant, les livres du CEA ne traitent pas vraiment des déchets, mais ils ont juste été une source de chiffres. J'ai simplement constaté qu'il était délicat de trouver une information papier déstinée au grand public concernant les problématiques de la gestion.
Pour l'arme nucléaire, c'est vrai qu'on aurait pu en parler, c'est un oubli.
Enfin la reflexion sur les nouvelles formes d'energie dépassent le cadre du dossier, un thème "vers quelle(s) energie(s)" est envisagé l'année prochaine, mais le sujet est vaste et ne pouvait pas être abordé sur la question des déchets. Encore une fois, le but de ce dossier n'était pas de décrypter le nucléaire (ni en tant que source d'énergie, ni en tant qu'objet de polémiques, ni en tant qu'enjeu politique et économique).

Réponse MCST, le 18/02/02

 

D'un intermaute :

" Les coûts de fonctionnement des organismes publics tels que CEA, DSNI,
ASN et IPSN qui recherchent et contrôlent depuis des décennies des
solutions pour le traitement des déchets nucléaires,
sont-ils repercutés aux prorata correspondants dans le calcul du KWh
électrique nucléaire ?
Si ce n'est pas le cas, n'est-ce pas de la concurrence déloyale pour
les éventuels producteurs d'énergies renouvelables ?
Toujours dans le calcul du coût du KWh électrique nucléaire, comment
sont répercutés (sérieusement !) les coûts de conditionnement et de
stockage des déchets nucléaires à durée de vie de plusieurs siècles
(sans parler de millénaires) ?
Les coûts de démantèlement de la centrale (relativement petite) de
Brennelis (engagés et à venir) ont-ils été déjà imputés au prix de
revient du KWh électrique nucléaire ?
Les coûts de démantèlement de toutes les installations de production,
de consommation, de conditionnement et de stockage des combustibles et
des déchets nucléaires sont-ils répercutés dans le calcul du prix de
revient du KWh électrique nucléaire ?
Dans ces conditions, les publicités vantant une énergie nucléaire
bon-marché, ne sont-elles pas des publicités mensongères ? "

 

1.- Les exploitants supportent l'essentiel du coût de fonctionnement de
l'ASN (= DSIN). Cela ne concerne pas qu'EDF mais tout exploitant. Le CEA
n'a pas une mission de contrôle, mais des missions de recherche et
d'évaluation. Il fonctionne pour partie sur dotation et, de plus en plus,
sur des contrats, avec le risque de voir, à terme, traiter seulement des
sujets qui intéresssent l'industrie. l'IPSN est la branche du CEA plus
particulièrement chargée des questions de sûreté nucléaire.

2.- Il faut distinguer traitement et gestion des déchets.
Le traitement ne concerne que les combustibles usés, et les coûts de cette
opération et du stockage à long terme qui lui fait suite sont intégrés dans
le prix du kWh. La question est : le coût actuel est-il bien ajusté, alors
que les solutions techniques du long terme ne seront politiquement définies
qu'en 2006. Il est à prévoir que le coût actuel ne tient compte que de ce
qui est connu et que le stockage de longue durée viendra en majoration
lorsqu'il sera praticable. C'est une opinion personnelle.
La gestion et le stockage des déchets de faible et très faible activités
est un autre problème, qui concerne l'ANDRA. Les coûts sont aussi supportés
par tous ceux qui ont des déchets à faire stocker.

3.- La concurrence déloyale provient des sources polluantes classiques,
dont l'impact n'est pas pris en compte : si on ajoute au prix du kWh
électrique produit à partir du gaz le coût qui serait nécessaire pour
éliminer l'effet de serre, cela conduit à une majoration de plus d'un
tiers (0,27 - 0,28 FF au lieu de 0,19 à 0,21 FF).

4.- Pour ce qui concerne les centrales de production d'électricité, le
provisionnement du démantèlement est fait lors de la construction.

5.- Le mensonge n'est pas toujours là on on veut le voir. Pour moi, il
consiste à faire croire au public que la déréglementation conduira à payer
moins cher - ce qui peut être vrai à court terme- alors qu'elle est
entrainera une moins bonne gestion des ressources au niveau mondial et par
suite une augmentation plus rapide des prix lorsque les ressources
deviendront plus rares.
Il faut évidemment aider au développement des formes renouvelables
d'approvisionnement, mais en sachant qu'elles resteront des appoints et ne
pourront remplacer les unités lourdes, classiques ou nucléaires.

Réponse : Jean-Claude Sens (20 mars 2002).

D'un intermaute :

" Quelles solutions sont véritablement envisagées pour la gestion des déchets radioactifs à hauts risques?"

 

Tout d'abord, les seuls déchets "à haut risque" sont les produits du retraitement des combustibles usés et, dans ce domaine, des projets sont à l'étude pour séparer chimiquement des éléments qui pour l'instant ne le sont pas (par exemple certains actinides pourraient être isolés des produits de fission).


Les solutions envisagées, qui ne sont pas exclusives l'une de l'autre, sont :


- le stockage profond dans des formations géologiques appropriées, dont l'étude est l'objectif du laboratoire souterrain de Bure et d'autres laboratoires européens.
- l'incinération, c'est à dire la destruction des radioéléments à vie longue par transformation en produits à vie courte ou leur fission pour certains actinides, ceci étant effectué dans des réacteurs de quatrième génération.
Plusieurs formules sont possibles :
- l'incoporation de ces éléments dans les combustibles solides
- l'utilisation de nouveaux combustibles à sels fondus alimentés en continu en éléments à irradier.
Ces réacteurs détruiraient les déchets existants et leurs propres déchets en cours de production.
- des projets analogues utilisant l'irradiation par des accélérateurs de particules ont été envisagés mais ne semblent pas en développement.
Les choix dépendront des résultats d'études et des options politiques retenues pour l'approvisionnement énergétique.

Réponse : Jean-Claude Sens (17 nov 2003).

 

 
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