Nos réponses

 Un groupe de chercheurs de l'ULP répondent aux questions que vous nous avez posées dans la rubrique "Vos questions".

 

D'un internaute :
J'envisage un voyage au Vietnam et je souhaiterais connaître les risques et précautions à prendre concernant la grippe aviaire.

Lorsque vous envisagez un voyage à l'étranger, il est fortement recommandé de consulter le site Internet du Ministère des affaires étrangèes, à la page "conseils aux voyageurs". Vous y trouverez toutes les informations à jour concernant les risques (sanitaires et autres risques) et les mesures de précautions à prendre.

L'information est disponible sos forme de fiches - pays, avec entre autres un onglet "santé"pour chaque pays présenté.

Adresse : http://www.france.diplomatie.fr/voyageurs/etrangers/avis/conseils/default2.asp

L'équipe MCST

D'un internaute :
Connaît-on la situation de l'épidémie de grippe aviaire au sein des porcs ?

Le virus de la grippe aviaire H5N1 a été détecté chez des porcs dans des élevages en Chine, mais il ne s'agit que de cas sporadiques. La surveillance des infections des porcs par les services vétérinaires chinois est fortement encouragée par l'OMS.

Sommes nous certains que ce virus puisse muter avec celui de la grippe ?

Il y a de fortes probabilités que la présence simultanée d'autres virus de la grippe (tels que H3N2 et H1N1) et de H5N1 aboutisse à des phénomènes de recombinaison génétique permettant l'apparition d'un nouveau virus chez le porc. Les risques de telles recombinaisons dépendent de la durée de la circulation de H5N1 chez les porcs et de la présence simultanée du virus humains H3N2 ou H1N1.

Pourquoi ne lance-t-on pas un programme de vaccination sur les porcs ?

Pour être efficace, le vaccin de la grippe doit être modifié chaque année car le virus mute légèrement au cours du temps. La vaccination doit donc être répétée chaque année. Cela pose un problème pratique et de rapport coût/efficacité élevé pour son emploi chez le porc.

Un vaccin de la grippe aviaire sur l'homme aujourd'hui sera-il efficace devant un virus mutant ?

Tout dépend de l'ampleur de la modification de l'hémagglutinine de ce virus mutant par rapport à l'hémagglutinine H5 du virus présent dans le vaccin.

Quelles sont les forces des antiviraux face à ce virus aviaire?

Bien qu'il n'y ait pas eu de grandes études cliniques menées sur l'efficacité des antiviraux sur ces virus aviaires en raison du faible nombre de cas, les inhibiteurs de neuraminidase commercialisés (Zanamivir©, Oseltamivir©) sont efficaces contre ce virus en culture cellulaire et chez l'animal.

Françoise Stoll Keller,
Professeur de Virologie des Universités, ULP
Avril 2005

D'un internaute :
Existe-t'il un risque à cueillir des plantes sauvages (pissenlits dans les champs ou romarin) qui pourraient être souillées par les déjections d'oiseaux infectés par le virus H5N1 ?

Il n'y a pas de précautions particulières à prendre pour ramasser des pissenlits.
En effet, la contamination se fait par voie respiratoire : à partir  d'aérosols (suspension de particules très fines dans l'air) produits par  les déjections des volailles infectées et qui contiennent de grandes quantités  de virus.

Françoise Stoll Keller,
Professeur de Virologie des Universités, ULP
Mars 2006

D'un internaute :
Si le virus devait se rapprocher davantage de nos régions, quant serait-il des fruits ou légumes du jardin récoltés et non cuits ?

Les légumes du jardin récoltés et qui sont mangés crus doivent être lavés normalement, sans précaution particulière.
Il n'y a pas de contamination par l'alimentation : le virus est détruit dans l'estomac par l'acidité des sucs gatriques. 

Françoise Stoll Keller,
Professeur de Virologie des Universités, ULP
Mars 2006

D'un internaute :
Je récupère les eaux pluviales du toit dans une cuve enterrée et
j'utilise celles-ci pour tous les usages de la maison, sauf la boisson (toilette, lave vaisselle, lave linge...).
Dois-je prendre des précautions face à la grippe aviaire ?

On sait que le virus H5N1 peut contaminer les points d'eau où vont s' abreuver les oiseaux sauvages porteurs du virus et qu'il survie plusieurs jours dans ces eaux.
Si l'eau pluviale est immédiatement récupérée dans une cuve et si elle ne reste pas à l'air libre, elle ne devrait pas être contaminée par les déjections éventuelles des oiseaux sauvages.

Françoise Stoll Keller,
Professeur de Virologie des Universités, ULP
Mars 2006

D'un internaute
La grippe : chez les asthmatiques ? chez les séniors ? chez les femmes enceintes ?

- Chez l'asthmatique : la grippe provoque une exacerbation des crises d'asthme, augmente le nombre des hospitalisations. Le vaccin est efficace chez les asthmatiques et sans risque.

- Chez les séniors : les signes cliniques sont plus graves que chez les autres personnes atteintes de la grippe, ce qui nécessite souvent une hospitalisation, et la mortalité à cause de la grippe est plus élevée après 65 ans.

- Chez les femmes enceintes : la grossesse peut augmenter le risque de complications pulmonaires liées à l'infection par le virus de la grippe. Au cours des grandes pandémies de 1918 et 1957, une augmentation de la mortalité chez les femmes enceintes et des avortements a été rapportée.
Par ailleurs : il n'existe pas de preuve documentée d'une relation de cause à effet entre une infection de la mère par le virus de la grippe et une pathologie du foetus.
Enfin, le vaccin n'est pas contre-indiqué mais il doit être de préférence administré après le premier trimestre.

Françoise Stoll Keller,
Professeur de Virologie des Universités, ULP
Avril 2005

D'un internaute :
Une amie et moi sommes en désaccord quant à la transmission du virus de la grippe, plus précisement: un sujet guéri peut-il être contaminant une fois les symptômes cliniques passés (dans les 2 à trois jours après )?

La multiplication du virus de la grippe dans l'arbre respiratoire débute 24h  avant  les signes cliniques  pour atteindre un pic en 48 heures. Elle  diminue ensuite et s'arrête au bout de 2 à 3 jours. Les sujets ne sont plus contagieux à la fin des signes cliniques.

Françoise Stoll Keller,
Professeur de Virologie des Universités, ULP
Janvier 2007