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J'ai lu que certaines expériences avaient démontré qu'un gène introduit dans un OGM pouvait se transmettre aux végétaux entourant son site d'exploitation. Est-ce vrai ? Et si c'est le cas, n'est-ce pas une nécessité que de ne permettre la culture des OGM qu'en vase clos ?
" Un gène étranger introduit dans un OGM (appellé un "transgène") devient un gène à part entière de l'organisme qui l'a intégré. Il se comportera exactement comme n'importe quel autre gène de cet organisme qui n'en contient plus environ 50 000 mais dorénavant 50 001 gènes. (C'est un peu simplifié car il peut exister des phénomènes d'adaptation du nouveau gène dans le génôme mais les conséquences de ces phénomènes sont suffisamment transitoires ou sans importance que l'on peut les négliger pour cette discussion qui ne porte que sur des plantes rigoureusement sélectionnées et qui ont obtenu l'autorisation officielle d'être culitvées à grande échelle.) Chaque organisme peut bien entendu échanger ses gènes avec d'autres organismes. En général, ces échanges sont limités à des individus appartenant à la même espèce - le blé avec le blé, le maïs avec le maïs, la bactérie Escherischia coli avec Escherischia coli. C'est la façon naturelle d'assurer une variabilité dans la descendance qui est d'une nécessité absolue pour l'adaptation d'une espèce à des environnements changeants. Avec une moindre fréquence, des "accidents" peuvent avoir lieu, résultant dans des transferts de gènes non prévus entre espèces. Mais ces trnasferts illicites sont limités à des espèces apparentés. Il n'est strictement pas possible d'obtenir un transfert de gènes entre, p.ex. le blé et l'orge, ou le tournesol et le colza (en dehors du cadre des biotechnologies qui justement permettent d'effectuer un tel transfert, résultant dans un OGM bien défini qui après, sera à nouveau soumis à toutes les lois naturelles comme n'importe quelle autre plante). Naturellement, nos plantes de grande culture échangent donc des gènes entre elles, une variété de maïs avec une autre dans le champ à côté, une variété de colza avec une autre. Ces échanges entre deux plantes sont d'autant plus probables que ces deux plantes sont proches. Au-delà de quelques dixaine de mètres, de tels échanges ont certainement lieu mais la probabilité diminue pour atteindre un niveau quasiment nul à partir de 1-2 km (le zéro absolu n'existant pas dans la nature, des cas d'hybridation entre deux variétés n'est pas à exclure même à une distance plus grande que celle-ci. Mais ce sont des événements très rares.) Un transgène peut donc être échangé au même titre que n'importe quel autre gène, avec les mêmes probabilités et les mêmes limites. Un colza pourra le transmettre à un autre colza, ou plus rarement, à une espèce apparentée comme la moutarde. Il ne pourra pas le transmettre à un maïs ou une betterave, et certainement pas (là, cet un zéro absolu! - en tout cas, malgrè une recherche intensive, personne n'a jamais observé un tel événement) à une souri ou à l'homme. Il existe des craintes dans le public que des transgènes pourraient être transmis d'une plante à une bactérie. Là encore, aucun cas a pu être mis en évidence malgrè des recherches intensives. Il est assez courant de retrouver des fragments de gènes végétales ou animales dans le sol ou, p.ex. dans des tas de composte. Il est également possible que de tels fragments soient assimilés et même intégrés dans le génôme bactérien (avec une probabilité extrêmement faible) - c'est un processus naturel qui concerne aussi bien les gènes responsables de la couleur jaune des fleurs de colza que le gène de résistance à un herbicide qui aurait pu être introduit dans ce même colza. Mais EN AUCUN CAS a-t-on retrouvé un GENE ACTIF dans une bactérie, il s'agit de petit fragments. Tout comme une feuille traînant sur le sol ne sera pas responsable d'une invasion de mauvaises herbes, la présence de ces fragements de gènes n'aura aucun effet. En conclusion: Le transfert de transgènes d'un OGM aux végétaux entourant son site d'exploitation n'est possible qu'aux espèces avec lesquelles cet OGM est sexuellement compatible. Un tel transfert aura lieu avec la même probabilité que pour n'importe quel autre gène de cette espèce. La question n'est pas si un transfert aura lieu (il l'aura dans les conditions décrites) mais si des conséquences néfastes sont à craindre. Et cet aspect fait objet d'études très intenses pour chaque OGM AVANT QU'IL N'OBTIENNE L'AUTORISATION d'être cultivé à grande échelle. Pour les OGM ayant obtenu l'aval des 15 Commissions ministériels, composant de spécialistes et de représentants des consommateurs etc. dans les 15 pays membres de l'EU (un seul véto rend l'autorisation impossible!), AUCUNE CRAINTE N'EST SCIENTIFIQUEMENT JUSTIFIEE. Toutefois, des objections basées sur des considérations éthiques, philosophiques ou de croyance resultant dans un rejet de la nouvelle technologie qu'est la transgenèse peuvent conduire à la conviction que le transfert d'un transgène à une plante n'en contenant pas est un événement nocif en tant que tel. C'est une affaire de conviction personnelle mais on ne peut pas trouver d'éléments de connaissance scientifique qui la supportent. " |