| Le
mécanisme en jeu est celui de la sélection naturelle.
Les
bactéries de souche identique présentent une grande
diversité (tout comme les hommes sont de la même espèce
mais présentent une grande diversité à l'intérieur
de cette espèce). En effet, l'information génétique
(programmes portés par l'ensemble de leurs gènes)
diffère légèrement de l'une à l'autre
bactérie.
Une
bactérie peut acquérir une résistance à
un antibiotique par mutation (transformation aléatoire d'un
de ses gènes) . Si cet antibiotique est utilisé chez
l'animal contre des bactéries de cette espèce, la
bactérie ayant la mutation va survivre, les autres non. Elle
pourra se multiplier et les bactéries résistantes
seront de plus en plus nombreuses comparativement aux autres bactéries
de l'espèce qui sont tuées. L'effet de l'antibiotique
sur l'animal malade sera donc nul, et une souche de bactéries
résistantes aura été développée.
De
la même façon, si un antibiotique est ingéré
régulièrement (sous forme de résidus dans les
aliments d'origine animale) : certaines bactéries de notre
tube digestif, résistantes à cet antibiotique, seront
"sélectionnées" de la même façon.
En
outre, il existe un phénomène d'échange de
certains gènes entre bactéries. Le gène muté
pourra être transmis à d'autres types de bactéries,
par exemple celle qui infectent l'homme et sont pathogènes.
Quand un patient sera traité avec un antibiotique, le problème
sera le même : les bactéries devenues résistantes
ne seront pas tuées et l'antibiotique sera inefficace.
Pour
limiter ce problème, il serait important de ne pas utiliser
chez les animaux d'antibiotiques "de dernière génération".
Dans le cas contraire, cela amplifierait l'apparition de bactéries
"résistantes à tout". |